La fin des accents

La fin des accents
 
D’un village, d'un quartier, d’un hameau et même d’une famille à l’autre, le langage variait. Un locuteur dévoilait ses origines par son parler. C’est de moins en moins le cas.
 
Par exemple.  A Sierck on prononçait, den hond, pour le chien, avec le h bien aspiré et le d bien marqué. A Rodemack, on entendait plutôt den Hoond : le h bien moins aspiré, et  la voyelle o plus ou moins longue. Celle-ci peut même être diphtonguée.
 
Les règles de codification du luxembourgeois permettent de reproduire, à l’écrit, tous les sons en luxembourgeois dans le dialecte de chacun. Ainsi écrire, den Hond et den Hoond sont admis. Il ne faut pas s’en étonner. Contrairement aux grandes langues nationales, langues de communication nécessaires à des grands espaces politiques et économiques d’une population très diversifiée, la codification du luxembourgeois devait permettre à tous les locuteurs de tous les îlots linguistiques de l’espace Mosello-Luxembourgeois, d’écrire leur langage propre.
 
Les accents surprenants et inattendus n’étaient pas signe de dégénérescence ou d’un soi-disant niveau intellectuel moindre d’un locuteur, des campagnes généralement. les choses ont changé.
 
Le reconditionnement de l’individu de plus en plus précoce par un système scolaire unifié, allié aux médias du quotidien, à supplanté, voir dilué, le rôle essentiel de l’apport familial dans la transmission du langage local. Tout se joue dès la très petite enfance.